Mardi 11 février

Tout d’abord, Manu nous explique son travail au quotidien : comment il part des « rushes » (la totalité des images tournées par le cameraman) pour construire le reportage. Il nous fait sa démonstration à partir de L’Info des ados #23.

C’est ainsi qu’à partir de 54 mn d’images, il va, avec l’aide du journaliste rédacteur (Catherine), construire le reportage de 4 mn. Lui ne va jamais sur le terrain, il est le premier téléspectateur et va donner un premier avis sur le reportage. Dans son travail, il doit rester fidèle à ce qui s’est fait sur le terrain avec les intervenants, le journaliste rédacteur, le journaliste reporter d’images (ou JRI).

Manu travaille sur un logiciel professionnel de montage, AVID, qui présente plusieurs couches d’images et plusieurs pistes son sur une « timeline » (= ligne de temps). Avec le journaliste rédacteur, il réécoute toutes les ambiances, toutes les interviews et regarde toutes les images puis il isole et met de côté ce qui est intéressant et pertinent pour la compréhension du reportage (images fortes, phrases-clés). Il construit le reportage en « coupant », ou permutant ou ajoutant images et bouts de son. Pour les interviews, nous voyons ainsi que les hésitations « Euh… », les bruits parasites, les propos répétitifs ou moins intéressants ont été « coupés » . Ce n’est pas pour trafiquer l’information, mais c’est pour rendre le propos plus clair. Le rédacteur calera ensuite son commentaire pour apporter des informations supplémentaires et structurer l’histoire.

Le monteur va aussi faire « l’habillage », c’est-à-dire insérer des musiques, souligner les ambiances pour que le reportage soit attrayant et dynamique. C’est le cas pour notre générique.

Dans d’autres domaines que l’actualité, le monteur peut utiliser la musique pour créer des effets (ex téléréalité). Manu nous a ainsi démontré que la musique est une marque de subjectivité. Elle amène le spectateur à penser ou ressentir telle ou telle chose. Démonstration sur Youtube !

Autre démonstration : On peut même faire des fake news en reconstituant le discours d’une personne syllabe par syllabe. BLUFFANT!!

Le métier de monteur

Formation : BTS Audiovisuel (bac scientifique ou technologique + 2) avec spécialité Montage ou Son ou Image ou Production.

Manu est resté 18 ans intermittent du spectacle avant d’obtenir un Contrat à Durée Indéterminée à France 3.

Il y fait des sujets d’actualité de 2 mn, des petits magazines ou feuilletons de 4 à 5 mn ou des mini-documentaires de 8 mn ou encore des gros magazines de 52 mn (qui nécessitent alors 5 semaines de travail).

Le salaire après toutes ces années d’expérience est d’environ 2200€.

A France 3 Franche Comté, il y a 9 monteurs en tout ( + 3 à 4 intermittents). 5 monteurs travaillent au quotidien.